!! PLANETIVERSON !!

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L.A. BEAT PHILLY


Une dynastie est née vendredi au First Union Center de Philadelphie. En s'imposant pour la troisième fois sur le parquet des Sixers (108-96), avec une sérénité démoralisante pour les fans de Pennsylvanie, les Lakers remportent leur deuxième titre d'affilée et battent deux records NBA (15 succès pour une seule défaite, et un bilan de 8-0 à l'extérieur!). Un "back-to-back" construit dans le troisième quart-temps, sous la houlette du trio Bryant-O'Neal-Fisher. La loi du plus fort est respectée. Shaquille O'Neal est désigné MVP de ces Finals 2001.


Humilié la saison passée au Conseco Fieldhouse d'Indianapolis (-33) dans une cinquième manche restée dans la mémoire collectif de la Cité des anges, les Lakers ont su retenir la leçon. Dans la même position (3-1), les troupes de Phil Jackson, qui se rapproche avec ses huit bagues du mythique Red Auerbach, ont cette fois laissé aux vestiaires un excès de confiance espéré par les Sixers.


Après Robert Horry dans le Game 3, c'est Derek Fisher qui sort sa tenue de gala pour épauler Kobe Bryant (26 points, 12 rebonds, 6 passes) et Shaquille O'Neal (29 points, 13 rebonds, 5 contres), rentré dans l'Histoire des plus grands duos de la NBA. Au buzzer, la célébration des Lakers reste timide. Devant les fans chauvins de Philly, les rois de la Grande ligue évitent la provocation. La remise des trophées sera même réalisée dans une salle annexe, par crainte frileuse d'échaufourrées sur le parquet du First Union Center. Iverson est déjà rentré aux vestiaires, après une accolade avec Fisher. La fête sera plus torride sur Sunset Boulevard. Philly peut nourrir des regrets mais L.A. était bien la meilleure équipe. Flash-back.


Comme mercredi, Philly entame les débats de la meilleure des manières, profitant d'un excès de confiance des Lakers, qui se contentent de lancers-francs pour gonfler un compteur offensif bloqué à trois unités après quatre minutes (8-3). En face, peu perturbé par deux fautes écopées coup sur coup, Iverson annonce la couleur: il veut retourner à L.A. "The Answer" enfile six points de rang, épaulé par un Tyrone Hill enfin saignant (4 points, 6 rebonds en premier quart-temps).


Devant le collectif bien huilé des Sixers, dans lequel Mutombo continue son festival, les Lakers trouvent la solution à 7,25 m, Rick Fox en tête. Les champions en titre ont laissé passer l'orage, le temps de retrouver leurs valeurs (18-16, 7'). Fisher prend le relais à trois points, servi par un Shaq altruiste, donnant quelques sueurs froides à Larry Brown. Les ouailles du "professeur" développent un basket quasi parfait sans en récolter les fruits au tableau de marque (21-21, 10'). Pis encore, Iverson rejoint le banc pour trois fautes à la onzième minute, avec 11 points à son actif.


Dominés au rebond, les Angelinos sont impériaux "downtown" (4/5), une main chaude qui leur permet de ne pas laisser filer Philly (27-22, 12'). Dans la lignée du pragamatisme de leur coach, les Lakers recollent en l'absence d'Iverson, très vite remis dans le bain par Brown. Entre Mutombo d'un côté, Horry, dans la zone, puis Fox de l'autre, le coude à coude est de toute beauté (34-34, 16'). Empêtré dans la défense glue de Tyronn Lue, Iverson le baromètre perd la mire au moment où L.A. récite ses gammes, servant O'Neal comme sur un plateau dans la raquette. Sur le premier panier de la rencontre de Kobe Bryant, le pécule des Californiens, qui dégagent une impressionnante sérénité, monte à neuf points (49-40, 21').


Avec les rois de Pennsylvanie, la logique est simple: quand le MVP 2001 va, tout va. Sur les épaules de son arrière vedette (19 points à la pause), auteur de six points consécutifs, et d'un Hill de gala (9 points, 10 rebonds à la mi-temps) Philly sort la tête de l'eau. Mais Kobe (11 points, 6 rebonds, 4 passes) et Shaq (17 points, 8 rebonds) veillent. Les champions en titre gardent les commandes (52-48, 24'), malgré 38% de réussite aux shoots.


Laxistes au rebond et petit bras dans leurs shoots, les Sixers, retombés dans leurs travers de mercredi, se compliquent très vite la tâche, assommés par le retour de bâton de Bryant, pour qui l'arceau paraît tout de suite plus petit qu'en première période (60-49, 27'). La chanson semble se répéter pour Philly, premier prix d'arrosage de cercle hors de la jungle des raquettes. Finaliste NBA cherche shooteur désespérement...


Le disque du First Union Center est bel et bien rayé, confirmation sur un 2+1 du Shaq, aidé par la bienveillance des hommes en gris, qui redonnent de l'air aux Lakers après deux missiles "in your face" d'Iverson, aussi guerrier que talentueux (69-62, 32').


Une bombe de Fisher sème un peu plus le doute dans les crânes des locaux. Brown, zen et pensif, multiplie les solutions, sans grande réussite. Iverson arrose, O'Neal s'amuse en se prenant pour Abdul-Jabbar le temps d'un sky-hook d'école: les Sixers sont KO (83-68, 36').


La note monte à –19 après une minute dans le quatrième quart-temps. Le spectacle est trop douloureux pour quelques irréductibles, qui quittent l'arène, sans assister au triomphe annoncé des Lakers, où Kobe Bryant fait le show. Iverson, qui shootera encore dans sa tombe, sonne la rébellion (96-87, 44') mais sur la sixième faute de Mutombo, les derniers espoirs s'envolent. D'autant plus que le Shaq, en bon leader, achève les chevaux usés de Pennsylvanie. Redevenus cabris (100-93, 47'), les Sixers baissent définivement les bras sur le sixième panier à trois points de Derek Fisher. La messe est dite.


Le First Union Center salue ses favoris d'une standing ovation. Les derniers "MVP" tombent des gradins que Brown rappelle Iverson sur le banc.


A la prochaine ?



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